17.9.08

2008, dimanche matin

Je m'appelle JayJay. Aujourd'hui, j'ai de quoi affirmer que je ne suis rien qu'une sale merde.

12h20 : je me réveille auprès d’Agnès. Elle est dans mes bras, nous nous embrassons. Agnès et moi sommes un plan cul depuis une semaine. Auparavant, nous sortions ensemble mais je l’ai plaquée il y a un mois car je ne nous voyais pas poursuivre. Lâchement et salement, depuis une semaine, je la revois. J’ai quand même de l’affection et de l’estime pour elle. C’est mon premier plan cul, je n’étais pas pour au départ, ce qu’elle ne comprenait pas : « je vois pas l’intérêt de se priver si on en a tous les deux envie ». Mon refus pour ce genre de relation n’était pas motivé par une raison morale ( je n’ai jamais eu de remords après avoir trompé ma copine). En fait, je trouvais ça cheap.

12h50 : Agnès me fait la classique « post coït » : besoin d’affection, envie de calins etc… 13h25 ; j’ai profondément besoin de sortir de ce lit. C’est un besoin fondamental, ontologique, une envie de fuir, d’être seul. Une envie de solitude. Je me rappelle deux choses :1. J’ai invité en fin d’après-midi Elsa à visiter mon appartement. Elsa et moi avons, de ses propres mots, une « relation chaotique ». Chaque année, je m’amuse à essayer de la chopper. Cette année, j’y suis parvenu, mais ça n’a tenu que deux semaines. Pour résumer notre relation en une phrase pompeuse, je dirais : « la plus belle alchimie spirituelle et sentimentale qui puisse exister entre un homme et une femme, mais en même temps la plus grande incompréhension physique et comportementale ». J’ai invité Elsa pour ressortir avec elle (en gros, il y a deux semaines, elle m’a mis en standby en me disant qu’elle avait besoin de réfléchir)2. Hier soir, à 2h du matin, j’ai reçu un appel en absence de Maria. Maria est le plus beau coup de foudre que je n’ai jamais eu. Je n’ai jamais autant cristallisé qu’avec elle. Il y a 4 ans, j’étais parvenu à lui voler quelques baisers, mais sans plus. Depuis, chaque année, je m’amuse à essayer de la chopper, sans succès. Ca fait maintenant 6 mois que je n’ai pas de ses nouvelles. Il faut bien comprendre quelque chose : à ce moment, je pense la chose suivante : « JayJay, aujourd’hui, tu as deux coups dans ton fusil. Ta mission, c’est de te démerder pour réussir quelque chose avec au moins une de ses deux filles. » Je dois au minimum : embrasser Elsa, obtenir un rendez-vous avec Maria. A ce moment, j’ai deux cordes à mon arc, je suis donc confiant.

14h30: Je me comporte bien avec Agnès. Je suis impliqué, drôle, impertinent et sympa. En revanche, je ne réponds pas à ses avances sexuelles, ni à sa proposition de passer l’après-midi ensemble. Mon objectif est qu’elle se dise, en quittant l’appart : « c’est clair, JayJay n’a pas envie d’aller plus loin avec moi. C’est clair, il n’acceptera que le principe du plan cul. Mais en même temps, il est un peu attaché à moi et, quand on est ensemble, il se comporte bien mieux que tous ces imbéciles de fuck buddies que j’ai eu avant ».

15h40 : Agnès est partie depuis 10 minutes. J’appelle Elsa. J’aurais pu l’appeler tout de suite après son départ, mais j’ai attendu 10 minutes. Histoire de me dire que je ne suis qu’un demi-enculé. Histoire aussi de marquer une coupure entre Agnès et Elsa. A défaut de mieux (l’amour passionné entre Agnès et moi), je me contente d’une situation intermédiaire. Dans mon cœur, Agnès et Elsa sont deux phénomènes indépendants. Chelsea et Milwall. Deux clubs de foot dans mon cœur, avec deux divisions d’écart. I support Elsa, je supporte Agnès

15h50 : Elsa n’a pas répondu. J’appelle Maria, qui ne répond pas non plus. Je laisse un message.

16h : le temps se couvre. J’ai lancé mes deux hameçons, je n’ai qu’une chose à faire : attendre. Il y a deux heures, j’étais maître de mon destin. Maintenant, je n’ai plus aucun contrôle sur les événements.

16h15 : j’en étais sûr à 90% : Elsa me laisse un message pour me dire qu’elle ne viendra pas. Elle a « du inverser son planning car elle n’a pas réussi à se réveiller tôt ce matin ». Je suis donc victime de cette réorganisation. Elsa peut me dire ce qu’elle veut, elle peut m’invoquer toutes les raisons du monde, même des raisons familiales. Au final, l’effet est le même : par un simple coup de fil, elle me fait comprendre que je ne suis pas sa priorité n°1. Je prends une décision: abandonner une fois pour toute avec Elsa. Trop de tentatives pour un peu de satisfaction. Quand je parlerai à mes potes, je leur dirai : « elle m’a saoulé, ça y est, je suis passé à autre chose, cette histoire ne me fait même plus marrer ». Quand je parlerai à Alfie, il me dira : « tu ne dois pas t’en vouloir à toi-même d’avoir abandonné. C’est une des choses les plus difficiles à accepter, mais c’est ainsi : cette fille n’est juste pas vraiment intéressée. Elle te veut du bien, beaucoup de bien, elle t’adore. Mais juste pas assez »

18h : Je me sens pas bien. Je me suis réveillé avec l’ambition de faire quelque chose de beau de ma vie, de créer un petit quelque chose avec une de ces deux filles. Au final, niet. Ces filles sont des monades, des apparitions passagères, des symboles. Mon histoire avec chacune d’elle est comme un mythe qu’il m’est impossible d’incarner. Ces deux filles sont très importantes pour moi, il me serait très dur de vivre sans elles. Sans elles, je n'aurais absolument aucune raison de croire que l'amour est possible

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