29.9.08

RQ2SE

Je m'appelle Alfie. Je suis le côté obscur de la sale merde.

Jay-Jay, on ne s'épargne rien? On se dit tout? On instaure le malaise, la sincérité à la limite de l'inadmissible? On met à nu ce que personne ne veut jamais voir?

La mère de S. est morte, je l'ai appris hier. Je lui envoyé un message pour lui apporter mon soutien, j'ai même pensé à elle avant de m'endormir. Ce matin, je suis allé travailler, S. ne m'a pas répondu. En rentrant chez moi, j'ai songé à l'appeler. Mais qu'allais-je bien pouvoir lui dire? Tant pis, j'ai saisi le téléphone, son nom dans le répertoire. Puis juste avant les sonneries, j'ai raccroché. Je venais de comprendre.

S., je l'avais embrassée quelques fois, pour sa blondeur, ses yeux bleus, sa taille fine. Je culpabilisais, parce que Céline, toujours. Puis, forcément, j'avais craqué : une nuit ensemble chez moi, juste avant de changer les draps et les taies d'oreiller, de traquer les longs cheveux blonds, de ne plus la revoir. Quelques messages en souvenir, vagues promesses d'autres fois.

Puis cet événement terrible et me voilà qui raccroche. Qui comprend que si j'ai voulu l'appeler, c'était pour me masser le torse plutôt qu'autre chose, pour jouer les héros, pour me montrer une fois de plus sous un jour à faire l'unanimité, pour la serrer dans mes bras tel un bellâtre, la prendre en levrette en lui disant que tout ira bien.

Sale merde. C'est plus fort que toi.

Enfin, alors que je ne m'y attendais plus, je reçois un message de S. Elle me remercie de mon attention de la veille. Alors je pense à elle, à ce par quoi elle passe. Plusieurs minutes à contempler le mur blanc de ma chambre. Je lui renvoie un message. Que je ne commente pas, cette fois. Et je comprends pourquoi ce site ne s'appelle pas Rien Que Deux Sales Enculés.

Un peu de sincérité cuisinée de rhétorique, c'est parfois troublant d'être une sale merde, n'est-ce pas, Jay-Jay?

Aucun commentaire: